Introduction à la
géométrie riemannienne
(cours de troisième cycle, avec 27 exercices)
Publication Pédagogique n°48, Nice, janvier 2003, 67 pages.
En
préparation : Une version
développée de ces notes sera publiée chez
l'éditeur Calvage et Mounet.
Extrait de l'introduction :
Le titre est présomptueux, le sujet annoncé
n'étant réellement abordé qu'au dernier
chapitre... Il s'agit en fait d'un cours sur la théorie des
surfaces de R^3 où, en résistant à la tentation du
(très riche) folklore classique en ce domaine, on s'efforce
d'introduire les idées, les méthodes et les notations qui
sont celles de la géométrie riemannienne
générale, afin de faciliter et motiver l'étude
ultérieure de celle-ci.
Le cours se situe à un niveau assez élémentaire,
avec pour seuls prérequis
une bonne familiarité avec le calcul différentiel et ses
théorèmes généraux (inversion locale et
fonctions implicites), ainsi que quelques notions sur les courbes. En
particulier, aucune connaissance préalable sur les
variétés différentiables (ni sur les formes
différentielles) n'est exigée ici, la définition
utile d'une sous-variété de dimension deux de R^3
étant rappelée au début du chapitre 1. Ce chapitre
introduit la première forme
fondamentale d'une surface (le ds²) et la notion
associée d'isométrie.
Le chapitre 2 est consacré aux géodésiques.
Introduites d'abord comme chemins tout droits, je veux dire à
partir de la dérivée
covariante (et des symboles de Christoffel, qui donnent tant de
charme aux calculs en coordonnées) , elles conduisent rapidement
à la carte exponentielle
et aux coordonnées géodésiques polaires. Une
brève initiation au calcul
des variations (qui pourra, je l'espère, avoir quelque
autre utilité pour les Lecteurs de ce cours) permet de faire le
lien avec un autre point de vue sur les géodésiques,
comme plus court chemin entre
deux points.
Le chapitre 3, entièrement à la gloire de la courbure, contient les deux
résultats majeurs du cours. Le premier est l'équivalence
d'une dizaine de définitions différentes de la courbure
de Gauss, les unes extrinsèques (basées sur l'application
de Gauss), les autres intrinsèques (liées uniquement au
ds² de la surface). Le second théorème est la formule de Gauss-Bonnet, sous forme
locale puis globale ; cette dernière établit un lien
remarquable entre la courbure d'une surface et sa topologie, qui se
manifeste par sa caractéristique
d'Euler-Poincaré.
Le chapitre 4 esquisse les bases de la géométrie riemannienne sur
une variété abstraite. L'approche
intrinsèque de la théorie des surfaces
étudiée auparavant devrait rendre suffisamment naturel le
saut conceptuel, qui se réduit au fond à peu de chose :
remplacer le ds² qu'induit sur la surface l'espace euclidien
ambiant par une forme quadratique donnée a priori sur l'espace tangent
à la variété. L'exemple classique et important de
la géométrie
hyperbolique permettra de se familiariser avec ce nouveau point
de vue. Ce dernier chapitre, très succinct, n'a d'autre ambition
que d'éveiller la curiosité et inciter à une
étude plus approfondie.